Dans cette rubrique, des textes attendant des compositeurs, des interprètes, des conteurs .... ou simple lecteur

Assis sur le banc:

(Dépôt SACEM)

Parle moi

j'ai retrouvé « hier »

occis d'un jour nouveau

le long du caniveau

aux premières lumières.

Le matin s'est assis

radotant comme un vieux

Alzheimer a sévit

J'attendais pourtant mieux.

 

qu'il est triste le temps

dans son cri monochrome

errant comme un fantôme

En sinistre marchand

mais dans les choses à vendre

Rien qui ne prenne l'eau

De l'amour à revendre

Sans l'ombre de ta peau...

 

Parle-moi un peu de moi

Dis moi comment je vais

au chevet du comas

où se rouillent mes rêves

où se perdent mes pas

Aux abords de ce quai

l'attente qui vouvoie

mes poumons tout en grève...

 

Dans cette foule immense

aux regards anonymes

se fige tel un mime

un soleil sans substance

Les silhouettes défilent

j'expire des « bonjours »

monologues stériles

jetés au carrefour

 

Par où va le hasard

Si je ne vais à Rôme

c'est un peu vague en somme

ne suis-je pas en retard?

Le ptit vieux se balance

et ne me laisse voir

rien d'autre que l'absence

qui vient dîner ce soir...

 

Parle moi un peu de moi

Dis moi comment je vais

et découvrir ta voix

qui me sort de la taie

Et respirer enfin

à exploser d'ivresse

me saouler au parfum

de chacun de tes gestes..

 

Parle moi un peu de moi

Dis moi comment je vais....

kokopelli




















Quel air t'amuse, koko pél lê
pour que ta flûte aime à se taire?
j'écoute le vent dénudé
entre les dents des conifères
Mais l'arrondi de mes cailloux
n'a pas vu l'ombre de ta bosse
Prière de faire tourner la roue
un grain de blé pour mon carrosse.


Dans mon miroir, koko pél lê
le tain se joue de tout mon temps
j'ai mis du noir pour te cerner
mordu mes lèvres jusqu'au sang
Mais rien n'agite, l'ombre et le doute
l'air décoiffé de tes saveurs
près de mes joues que tu mazoutes
d'un silence obscur et railleur


Où te caches-tu, Koko pél lê?
Ton corps courbé pour quel bonheur?
quand la rancœur vient me bouffer
quand tu t'amuses à me faire peur.
La lumière saigne contre ma peau
l'espoir se baigne, dans les tranchées
je voudrais juste, au clair de l'eau
pour mon berceau, un grain de blé.

Ne restons pas amis

Ne restons pas amis

comme une consolation

ce pauvre compromis

de lâcheté et raison

puisque tout toi s'endort déjà

dans l'habitude de mes mains

fermées sur elles sans le poids

des heures dont on se souvient.

Laisse moi libre des « hier »

ne m'étiquète pas la conscience

d'une amitié en après-guerre

traité de paix ou convenance....

 

Ne restons pas amis

pour dire qu'on s'est aimé

une virgule ici

n'a rien à nous donner

puisque l'on sait se faire mal

puisque l'on s'en voudrait encore

de nos amours aux funérailles

le bonheur mort contre nos corps

ne jouons pas à la veillée

des regards en sous-entendus

reste dehors mon ex- aimé

sans ombre trouble sur ma vue.

 

Ne restons pas amis

on sait trop bien nous deux

que ce qui mène au lit

mène aussi aux adieux

puisque jamais on ne rapporte

l'amour ouvert en après vente

cette saison qui nous exhorte

à la garder sous notre tente.

Gardons-nous libre d'avancer

puisqu'on ne revient en arrière

lorsque l'on s'est cambriolé

depuis le cœur jusqu'à la chair.

 

Le boîteux

Je suis celui qui traîne
Sa pauvre tête et sa chaussure
J'ai des pensées qui me gangrènent
Et m'enracinent clair obscur
Au creux d'une terre, satellite 
Entre la lune et vos orbites
J'ai dans un bonheur immobile
L'angoisse du noir sous mes cils

Je suis celui qui peine
Malgré ses bottes de sept lieux
Je tourne en rond dans mon arène
Tire mes lacets plein de nœuds
J'ai des cailloux comme des boulets
Des sacs de billes et de tracas
Je trébuche au premier couplet
De vos chansons qui marchent droit

Je suis celui qui boite
D'une béquille presque invisible
Un composite un handicap
La tête et le corps immiscibles
Je suis celui qui pense trop
Trop vite trop loin et trop tôt
Je suis celui qui marche ailleurs
Celui qu'on raille, celui qui pleure.

Au bord du Stein

Triste , ton corps se couronne
au bord du Stein Leventhal
et la rondeur te capitonne
dans tes profondeurs abyssales.

Tu nourris, femme abondante
les ballons que rien n'enfante
et puis tu roules entre les quilles
lorsque tu pleus tes mille billes

Triste, ton corps papillonne
au bord du Stein Leventhal
de tout ton sang se désordonne
s'amuse à vouloir se faire mal

tu dilues, tous tes méandres
dans les tortueux cris de ton ventre
puisque tes creux n'ont rien à vendre
tu t'écarlates, passive et lente.

Triste, ton corps palissonne
au bord du Stein Leventhal
ta peau enraidie qui violonne
le beau discours médicinal

tu infuses, piques à l'aiguille
tu t'émulsionnes et puis fourmilles
tu transpires toutes tes craintes
et tout cet espoir qui t'éreinte...

au bord du Stein Leventhal
au bord du Stein Leventhal;


Mémoire

lisse est ton plafond, qui ne parle plus
aux formes arrondies de mes pauvres fourmis
ainsi aimaient s'étendre mes idées tordues
dans la blancheur battue de l'envers de ton lit

qui m'oublie....

ton miroir s'est vidé du reflet blond de cendres
ma chevelure froissée ne laisse plus de traces
au froid immaculé du lavabo à rendre
s'est figé le silence à l'ombre de la vasque

qui m'oublie

est ce que ta guitare pense encore à moi
dans la cacophonie des gens qui se dessinent
sur tes papiers froissées des humeurs clandestines
dans les parfums fondus de tous les autrefois?

L'escalier se défile à retenir le son
aigu comme la pointe de ton impatience
du métal le frappant de multiples poinçons
lorsque nos pas ensemble s'aimaient en confidences

qu'on oublie

évadée chaque lettre, tell'ment cru prononcée
en soupirs convaincus gisant encore par terre
le désordre a rangé en quelques courants d'air
le bruit de nos raisons et nos passions mangées

qu'on oublie

mais est ce que ta guitare pense encore à moi
dans les instants blessés de grande solitude
l'écart insoupçonné des petites minutes
un éclat de mémoire ancré entre tes doigts?

Est ce que ta guitare pense encore à moi
dans tes murs qui m'oublient et ton coeur qui m'oublie
dans un creux, dans un pli, peut être moins que ça
une veste oubliée dans les coins interdits




Meme pas toi

Bien trop de bruit dans mes couloirs à la peau claire
les balançoires sur mes idées me désespèrent
vides et fragiles, farces de vent et de lumière
corps immobile en proie au doute involontaire

je m'endurcis, je me referme et puis m'allonge
terre indécise au froid des vagues qui me rongent
recroquevillent, les bras de chacun des élans
et mes chevilles, trainent les pas blessés du temps

Personne n'y peut rien, même pas toi
tu bats des ailes, dans mon brouillard indélébile
Mais personne n'y peut rien, même pas toi
j'ai pas l'envie de tes saveurs au creux des cils...

Bien trop de suie dans mes poumons gris incendiaires
j'allume et crie, j'enfume et crache à l'inventaire
toutes les ombres, agenouillées pour leur visite
leurs yeux de pommes, bouffés par la faim du mérite.

Je m'obscurcis, ferme les yeux pour le silence
l'horizon frise, contorsionne l'intempérance
chacun des plis des paupières désabusées
qui contredisent, les spectres dans leur déjeuner

Personne n'y peut rien, même pas toi
tu bats des ailes, dans mon brouillard indélébile
Mais personne n'y peut rien, même pas toi
j'ai pas l'envie de tes saveurs au creux des cils...

une histoire d'arbre

 

Je suis un arbre mort d'hiver
dans l'agitation de ses bras
dans les noeuds serrés de ses nerfs
sous l'incessant bruit de son toit,
et toi comme un ciel enragé
rougi de battre d'amour cru,
tu couches sur ma peau damnée
la conviction des plus déçus...

Pourquoi tu crois à l'air du temps
Quand ça ne sent plus rien du tout,
quand le matin grince des dents
et se faufile à pas de loup?
Bien sûr tes mains sur mes paupières
Et ton corps comme un non retour
Mais la vie connait ses misères
Et ne se fie pas aux beaux jours....

Je suis un arbre mort d'hiver
le cuir glacé dans son ciment
le ventre rond comme à l'envers
quand plus rien ne bouge en dedans,
Et toi de cet air extasié
venant remplir mes poumons ivres
Je te respire l'air hébété
En ne trouvant plus rien à dire...

Sais-tu l'ombre de tes promesses
Sais-tu le fruit de ton printemps
quand ta gorge gonflée s'empresse
de m'oxygéner les élans
Bien sûr la tièdeur de ta bouche
Bien sûr le sucre des serments,
mais ma jeunesse fâne et se couche
la tienne se lève et prend son temps...

Je suis un arbre mort d'hiver
Je suis des branches à mes genoux
Tu vois il n'y a rien à faire
Mon bois se rappelle de tout,
Et toi le vert de l'espèrance
qui t'ensemence la confiance
Dans ces instants incandescants
Dans l'incendie de tes vingt ans....

Je suis un arbre mort d'hiver
Comment s'oublient les derniers jours?
Quand on a soufflé la poussière
Et vécu d'eau plus que d'amour,
Et toi comme un oiseau pressé
tu me renverses un coeur tranquille,
lumière et vent de liberté,
que fais tu là? A mes chevilles?

Je suis un arbre mort d'hiver
Bien moins beauté que cicatrices
Tu me souris, ça t'indiffère
Tes yeux se plantent et puis fleurissent.
Tu dessines sur l'horizon
un arbre vert et l'autre rond
tu dis qu'on peut mourir d'amour
Tu dis que t'es mort à ton tour....

 

 

 

L'amour triste

C'est un joujou articulé
entre bonheur et comédie
La bouche en fleur et pied de nez
Te souriant en beaux habits

C'est te serrer dans le matin
Puis avoir mal d'être si deux
C'est pleurnicher d'être trop loin
A quelques mètres de tes yeux

L'amour triste....

c'est la vie légère un peu trop
qui semble s'égrainer trop vite
qui me soulève comme un fardeau
les jours où le sourire m'évite

C'est l'ombre lorsque tu me quittes
Dans laquelle pourtant je retrouve
ma liberté contre la vitre
mes sentiments que l'air éprouve

L'amour triste...

C'est la nuit qui prend le matin
les jours trop longs comme les discours
C'est me terrer dessous ta main
comme un caprice au souffle court

C'est accepter et tout comprendre
savoir le jeu auquel on joue
Se résigner, ne plus attendre
Cette autre chose mise au trou

L'amour triste...

Les alizés de nos amours

Les alizés de nos amours
sont des oiseaux de liberté
fendant le cuir sacré du jour
dans la poursuite de baisers

tu sais alors que le bonheur
n'est jamais lourd entre leurs ailes
regarde les oiseaux chineurs
fouiller pour un peu d'éternel... !

Deux corps s'enlacent, dans les embruns
midi repasse, à la bonne heure
deux corps, une robe de lin
s'embrassent en un même cœur

Les alizés de nos amours
sont des vents fous prêts à mourir
empoisonnés et Pompadour
sur la pointe aiguë d'un plaisir

Et si tu vois se renverser
les pauvres têtes balconnières
c'est que le temps s'en voit froissé
dans cette danse délétère...

Deux corps s'invitent l'un chez l'autre
l'autre chez l'un pour dire mieux
deux oiseaux dans les vents se vautrent
s'usent le bec et tanguent un peu.


les alizés de nos amours
sont tout de rien et tellement
de force et fragiles contours
vents de cristal ou de diamant

et s'ils éclatent au ciel marin
comme une mer s'offre au rocher
prise de fièvre et de chagrin
Marianne à la robe trempée

je ne connais rien de meilleur
que ton regard qui me soulève
Et si le ciel est oiseleur
Allons marcher près de la grève...

Embrasse moi maman

Détourner ton visage
Sans te dire le sien
J'avalerai la page
Planquerai au plus loin
Même si bien en face
je garde au corps le titre
le parfum qui s'efface
Me lavera les vitres...

Embrasse moi maman,
j'ai sept ans aujourd'hui
je m'offre le silence
pour garder ton sourire
pas envie de troquer
un pardon en pitié
je n'ai même pas crié
Dans cette ambiguïté...

Tu m'habilles et je joue
la jolie poupée russe
j'ai l'art de plaire au loup
Tout en étant ta puce
j'ai le corps partagé
quand l'un supplie arrête!
Le second pas gêné
se vante sous ses couettes

Embrasse moi maman,
j'ai sept ans aujourd'hui
l'escalier se descend
quand revient le samedi
un parfum d'interdit
et celui de moteur
la honte et la folie
de trouver ca flatteur...

Détourner ton visage
Et cacher tout ce corps
qui m'effraie et m'encage
et m'otage à son bord
A quoi rêvent les filles
quand moi je voudrais tant
ne plus me demander
ce qui est différent

Embrasse moi maman
j'ai sept ans aujourd'hui
je ne sais pas vraiment
si c'est encore petit
il me dit que je suis
une bien jolie plante
Et ma bouche sourit
Sous ma poupée géante

Détourner ton visage
En le collant au mien
Protéger de l'orage
Tes grands yeux fiers et bruns
Fragile ce bonheur
Qu'il me semble si fin
Arrose moi le coeur
d'histoires qui finissent bien

Embrasse moi maman
J'ai sept ans aujourd'hui
je m'offre le silence
Pour garder ton sourire
Pas envie de troquer
un pardon en pitié
D'ailleurs il me l'a dit
C'est moi qui l'ai cherché...

je ne saurais

Je ne saurais très bien décrire
ce que l'on retiendrait de moi
dans un prélude à convertir
en lieu commun, en heure de choix

je n'aurais pas la prétention
de ceux qui se donnent attributs
disparaissant dans la boisson
ou quand l'amour n'a plus qu'un cul.

Je ne sais que ce grand chemin
où j'ai remarqué chaque pierre
mais sans trouver dans l'examen
la paix de mes jours solitaires.

Entre mes mains toujours trop nues
même gantées de grands fous rires
des clins d'œil à perte de vue
que je n'ai voulu retenir...

je ne saurais très bien vous dire
faute de savoir dire mieux
ce qui me ferait obéir
à l'attraction d'un ou deux yeux

Je gouterais bien au bonheur
de ce quelqu'un contre le froid
de ces combats de l'intérieur
quand je passe du chien au chat

quand je n'ai plus le goût des autres
ni même plus celui de moi
quand la trajectoire est trop haute
et que je reste un peu en bas

je me pass'rais bien la musique
des corps jouant d'un seul violon
quand le plafond crève statique
si je croyais en sa chanson.


je ne saurais très bien décrire
ce que l'on obtiendrait de moi
sous le couperet du désir
vendrais-je encore mes deux bras?

À l'heure où mon ventre n'est plus
qu'une poche de cornemuse
pleine de flotte et leçons bues
trempant toujours dans leur excuse.

Je gouterais bien au sommeil
même agité de compter deux
quitte à craindre chaque réveil
que l'amour ne soit plus qu'un creux.

Enroulée dans la tendre odeur
des draps vidés d'un autre corps
si je trouvais cet endormeur
dans le fouillis de ce décor.

La faute à ...


c'est pas ta faute à moi
si se cassent la gueule
les anges dans nos bras
un matin épagneul
crois tu encore entendre
les matines sourire
quand leur cri vient pourfendre
l'étreinte de la nuit?

j'aurais dit oui demain
de toute plénitude
rencognée à tes reins
par un jour qu'on élude
d'une pénombre muette
où tout semblait d'accord
si ne chantaient les spectres
d'anciennes mises à mort.

c'est pas ta faute à moi
c'est le vent qui suppose
que chancellent et se ploient
nos feux à la névrose
que reste-il alors
de nos coeurs trop brulés
quand le temps les efflore
puis les coupe aux pieds?

oh bien sûr qu'à ton corps
j'aurais pu congédier
au nom des passiflores
tous les printemps fanés
quand tes cils se constellent
me laissant dépouillée
de mes saisons de grêle
si je savais voler...

c'est pas ta faute à moi
peut être la prochaine...
une pauvre rengaine
ça peut nous tenir froid
y'a bien les hirondelles
on a qu'à dire ça,
y'a bien les hirondelles
revenant chaque fois.

c'est toujours...

seras tu là mon ptit bonheur
à chaque fois que la porte claque
les doigts coincés dans mon honneur
quand s'entrebâille la belle arnaque

en quelque part dedans le sac
quand j'en aurai touché le fond
et creusant même à reculons
seras tu là dans ce cloaque?

C'est toujours les deux pieds dans le plat,
que la vie me déçoit....
c'est jamais la dernière fois
jamais tranquille dans ce jeu d'oies...

seras tu la ma ritournelle
même assommée à coup de pelle
sous la marée de mon rimmel
séchée au premier courant d'air

en quelque part en bord de route
comme un chat écrasé « miaoute »
après le choc et coup de sang
te marrant de ce jeu d'enfant...?

c'est pas qu'elle est jamais sympa
mais la vie me déçoit
faut toujours qu'elle tire dans le tas
et puis que ça tombe sur moi.

Seras tu là mon ptit bonheur
ma joie de vivre et de revivre
chaque fois que tu te barres et meurs
que le temps mord et la peau givre.

En quelque part en fond de gorge
dans une dernière bouffée d'air
quand les yeux se ferment et dégorgent
quand c'est un jeu auquel on perd

c'est toujours d'un maudit coup bas
que la vie me déçoit
toujours dans l'dos, toujours d'un doigt
toujours quand je dis que ça va.....

j'aime pas les gens

J'aime pas les gens sans la critique
bien moins savants qu'évangéliques
l'air endormi sans un projet
sourire confit et dents de lait.

J'aime pas les gens dans la panique
ceux qui ne vont jamais nulle part
les bras trop lourds de tous leurs tics
les pieds plombés dans leur nageoire

j'aime pas les gens ça se devine
le nez collé à l'ombilic
la bouche ouverte à l'alambic
tutoyant Dieu dans la piscine

j'aime pas les gens et leur valise
pires qu'un odieux représentant
t'accusant parmi leur bêtise
de leur devoir quelques semblants

J'aime pas les gens ni leurs amis
ceux qui n'oseront jamais dire
que la pitié n'est qu'une carie
que l'on ne voit jamais venir

j'aime pas les gens, ça se ressent
parce qu'à trop faire de sentiments
ça rend les gens individuels
parmi d'illogiques cheptels

j'aime pas les gens, seulement toi
je n'aime plus mes autres doigts
et je me moque bien du monde
et je me moque bien du monde....

C'est pas samedi

c'est en dessous du réverbère
que la nuit s'achève à l'envers
sur mon plancher que se suicide
le réveil d'une claque acide...

et si je t'aime, tant pis
puisque déjà lundi s'alite
je suis déjà presque partie
les yeux ouverts, mise en orbite.

j'ai mal à l'heure, toi dans mon lit
je dois doucher mon paradis
silence en fer dans la cuisine
je rembobine, je rembobine...

et si je t'aime, tant pis
à chaque fois la fin du film
j'veux pas te faire la week victime!
Les amoureux sont tous punis.

Un bruit de froid, dehors gelé
alors que ton corps allongé
en chiffre rouge le feu vert
tourne au vinaigre et plombe l'air

et si je t'aime, tant pis
c'est pas au programme aujourd'hui
je ne sais plus qui me l'a dit
que travailler nous bonifie...

et si je t'aime, tant pis
bonjour amour et bonne nuit
c'est à ton tour cette fois ci
tu m'aimes aussi, tu m'aimes aussi...

ATSEM

Un eternel chagrin d'école
Passant de Pierre Marie à Paul
Le café froid de la récré
Pour cause de genou froissé

C'est des pantalons inondés
L'instant de calme sur la chaise
Et les chaussures désolées
Quand les chaussettes font trempette

Elle murmure...
De son air sûr...
Ca arrive les accidents,
Dans le sac les contre arguments
Un peu maman, un peu maîtresse
Ca plait bien au papa d'Ines
Spécialiste multi problèmes
Retenez: A.T.S.E.M!

C'est un calin à l'eau de javel
Et un sourire sur le gateau
C'est pas toujours dans le manuel
La magie de ses placebos

Elle est à la fois diplomate
Et artiste des temps modernes
Quand l'homme redevient primate
Homo Sapiens Sapiens en berne

Elle peinturlure
Sur les bordures
Suffit parfois de pas grand chose
pour que le gris vous paraisse rose
Un peu plombier et infirmère
Police aussi et secrétaire
Bureau des pleurs et cuisinière
Retenez : A.T.S.E.M

Elle connait bien son prénom
Depuis que tout le monde appelle
Qu'elle ait les mains dans le savon
Le vernis la colle et pastels

Mi agacée mais pas peu fière
Elle bougonne en demi sourire
Sans elle on ne saurait pas faire
Sans ses sabots dans le navire

de couverture
en couverture
Borde les bonheurs jusqu'au cou
des têtes blondes brunes....à poux!
Marchand de sable et comédienne
Militaire ou conte de fée
Ca se dit A.T.S.E.M
Mais c'est trop court pour son métier.

je voudrais mes ex comme toi

Je voudrais mes ex comme toi
ça peut te sembler ironique
que j'aime un peu ce qui déçoit
dans la marge de mes critiques.

Ca n'a rien d'une convenance
pour ramasser ton pauvre corps
sur le grand amas des remords
qui me chagrine la conscience.

Je voudrais mes ex comme toi
je te le jure un petit peu
même si c'est à demi-voix
pour entendre la fin du jeu.

Y'a des grands hommes dans les petits
qui n'avancent pas assez vite
mon ex-amour, je te le dis:
c'est très plaisant comme on se quitte!

Je voudrais mes ex comme toi
les vieux, présents, et les prochains!
Loin de ces lapins de six mois
qui s'accrochent à mes escarpins.

J'aime la classe et le bon sens
de ce grand silence radio
ça te paraît peut être idiot
qu'alors c'est à toi que je pense.

Je voudrais mes ex comme toi
errant un peu dans ma mémoire
même si c'est vrai: t'es un cas!
Rien à voir avec un connard!

Alors souris un peu quand même
au fond, possible que je t'aime
ça peut te paraître ambiguë
que j'adore que l'on ne soit plus.

Je ne te dirai pas

 

Il n'est pas de ceux là

le jour en valse lente

comme un clown à la noix

d'un spectacle en décante

ni ses grands yeux dépeints

trop blottis sur la flotte

quand le temps est crachin

et mes joues tristes et sottes...

 

Rien de mon pauvre coeur

comme un tambour crevé

sous les mailles en fleurs

sans aucune vallée

ne dira ton odeur

qu'il me reste parfois

sur un coin de bonheur

laissé aux autres fois....

 

ce n'est qu'une chanson

qui ne fait que passer

pleurent tous les violons

d'une saison manquée

presque par habitude

ça ne signifie pas

que mon rire s'élude

en soliste sans voix.

 

Je n'ai rien à te dire

comme j'ai toujours fait

rien qui me fasse écrire

les parfums de l'adret

au sable de ton corps

aux grâces des sommets

la paix de mille morts

dans un souffle défait

 

en poète maudit

et cassée mécanique

ce n'est qu'un cliquetis

d'une boite à musique

ne crois pas y entendre

mes regrets symphoniques

je n'ai plus rien à rendre

qui ne soit amnésique.

 

Comère

Elle mange ses rideaux

érode son balcon

fait grincer ses vieux os

en jouant du chiffon

elle use tous ces yeux

qu'elle vous pend aux chemises

elle jure autant qu'il pleut

de sa bouche cerise

 

Elle dit qu'elle entend rien

elle fait courir le bruit

que la voisine du chien

s'est faite piquer lundi

elle sait de source sûre

la bouche de son mari

Muet depuis la blessure

De sa grande autopsie

 

Elle saoule le facteur

Pour jouer au docteur

Échange ses symptômes

Contre un verdict fantôme

Si y’en a un qui sait

Qu’elle polira leurs tombes

C’est le veuf aux aguets

Au balcon qui surplombe…

Bachata

Tendresse et bachata
quand se mêlent nos pas
nos idées imbriquées
semblant tanguer au vent
courbées d'un même instant
sous l'envie d'un baiser
nos corps redessinés
en un seul arc boutant.

Caresse et bachata
quand s'impliquent nos doigts
quand t'invites et je glisse
du sérieux au caprice
ivre de cette houle
quand nos cheveux s'enroulent
dans le chant magnifié
des parfums unifiés

amour et cetera
silence et bachata
dans le jeu continu
des contours ambigus
qui de toi, qui de moi
quand s'emmènent nos bras
quand s'emportent nos jambes
et se ferme la chambre.

Christopher

Amour de loin
le coeur trop près
loupe l'arrêt
lache ta main
je te retiens
du bout des lèvres
ne disant rien
la nuit t'enlève...

good bye angel
reviens me voir
ta belle gueule
contre mon fard
quand la nuit glisse
comme ta peau
le temps furtif
et ça de trop...

c'est la balade de christopher
contre son corps mon armistice
au parfum de la dernière heure
je vis je meurs et ressuscite...

minuit revient
moitié obscur
je me figure
un peu putain
sur le trottoir
attendant l'heure
d'un tour dans l'noir
with Christopher

Amour de loin
toujours trop près
quand se rejoint
ce qu'on défait
good bye angel
reviens me voir
danser moins seule
dans mon placard.

C'est la balade de Christopher
c'est l'heure de gloire et de supplice
au bord du vide, au bout du coeur
je tombe en vie d'un court caprice...

C'est la balade de Christopher
C'est l'accalmie de mes trente ans
c'est d'être d'air et de sueur
...et maudire la fin des chansons...

Après vous Madame

Je n'aurais pas assez de temps
pour compter chacun des regrets
je n'aurais pas assez de cran
Pour l'avouer ça je le sais,
Sans doute le froid qui me prend
si mes mains tremblent en saluant
l'homme aux papiers qui me sourit
j'avais pourtant tellement dit oui...

Mais après vous madame,
Après le bruit de vos vingt ans
Que j'ai connu n'est ce pas un drame
en d'autres lieux bien plus aimant
si le bonheur est en cavale
est ce après vous qu'il court autant
quand vos chevilles me font mal
sur leur aiguilles, en manège lent.

C'est drole cette liberté
me rend le vide au creux des mains
je ne sais pas qui va serrer
celle tendue de mon chagrin
la solitude sait rappeler
même au beau milieu de tous ceux
tout ceux qu'on croit nous entourer
celui qui n'est pas au milieu

Mais après vous madame
Sans l'importance d'avancer
sans retenir encore vos larmes
derrière un mascara perlé
Comme vous les papiers s'envolent
j'avais pourtant tellement juré
marchant sur un tout autre sol
avant de marcher à côté...

Mais après vous madame
après l'image de votre dos
après la vie qui vous réclame
en d'autres bras bien moins idiots
mais après vous madame
mais après vous et puis plus rien
les larmes appartiennent aux femmes

Aux hommes l'éternel chagrin





amitié

C'est un fruit de saison qu'on aime respirer
sous un ciel de glaçons et de statues givrées
quand les amours se meurent d'un triste contretemps
un doigt reste pointé sur ton soleil couchant...

c'est un regard en coin, c'est une épaule lourde
d'une tête à chagrin quand la vie est trop gourde
quand tes yeux se répandent et mouillent tes genoux
tu la surprends ramer et trempée jusqu'au cou....

c'est un oiseau pressé qui s'envole au printemps
qui reviendra chanter son solo à deux voix
le sourire exténué d'un voyage et de gens
te racontant le monde en tortillant ses doigts.

Et tu vois l'horizon s'agrandir un peu plus
bercer ton cœur tranquille dans la valse aux années
tu la vois s'effacer en pouvant être sûre
qu'elle est toujours assise, sur la chaise à côté

on en a fait des livres et combien de chansons?
Sans en être tari en parlant du mystère
que sur tous nos défauts elle jette son pardon
nous offrant l'indulgence à nous en rendre fier....

tu peux fermer les yeux, tu peux compter sur moi
aussi vrai que demain le jour se lèvera
j'en ai pas plein les mains, ca vaut bien mieux des fois
l'amitié est un fruit, oui, mais un fruit de roi!


quand tu t'en vas

J'nai plus envie d'écrire

toutes mes encres parlent de toi

et me ramène comme un navire

chacun des verbes que je noie


Bien sûr qu'il y a de quoi sourire

mais c'est un peu nouveau pour moi

je n'ai pas envie de relire

le déchirement de chaque pas...


si tu t'en vas

un peu plus loin que la vue morte

du froid métal de notre porte....


je n'ai plus envie d'écrire

ça me consterne et puis me bloque

ça me  renverse et puis me choque

ça sent ton pull et puis tes rires


j'ai le bruit collé au tympan

de tes murmures contre mes reins

et puis tu vois ça me reprend

c'est toujours à toi que j'reviens


quand tu t'en vas

un peu plus loin que la vue morte

du froid métal de notre porte....


je n'ai plus envie d'écrire

ça me surprend et me questionne

je ne sais pas si je m'pardonne

de me laisser un peu dormir


en même temps, en fait expres

je me fous un peu des regrets

qui me chagrinent la conscience

au milieu de ma défaillance


quand tu t'en vas

un peu plus loin que la vue morte

du froid métal de notre porte....


je n'ai plus envie d'écrire

toutes mes encres parlent de toi

les enigmes laissées au chat

ma langue sotte pour le dire


bien sûr qu'il y a de quoi sourire

me voilà dans tous mes états

je m'enferme et puis te respire

à chaque mots trainant par là


quand tu t'en vas...




pas le temps

On aurait pu suivre l'errance
de ces non-dits imprononçables
dans les syllabes de la science
et tout ses ponts infranchissables

on aurait pu suivre le temps
et sa cadence impardonnable
contre nos tempes et corps pulsant
au rythme de nos grains de sables

ami, nous n'aurons pas le temps
de creuser nos pauvres merveilles
nous n'avons qu'un tour de cadran
avant que la vie nous réveille....

on aurait pu sourire plus fort
de se reconnaître l'un dans l'autre
se dire qu'on est pas encore morts
s'écrire en corrigeant nos fautes

on aurait pu s'aimer des yeux
fraterniser tous nos silences
avoir peur de devenir vieux
en s'accrochant à notre chance

ami, nous n'aurons pas le temps
de nous épancher  davantage
nous n'avons pour nous qu'un instant
avant que la vie nous partage....

ami, nous n'aurons pas le temps
et je sais combien c'est dommage
la vie défait souvent les rangs
nous indexant en bas de marge.


slim mélancolie

Le rideau se balance
juste une dernière fois
les souvenirs en faïence
au fond d'un autrefois
T'écrase l'ordinaire
sur ton cœur de mégot
délivre prisonnière
ma tanière en morceaux.

Je sais que c'est idiot
mais ca fait quelque chose
même si c'est pas trop tôt
que l'armoire overdose

je sais bien que l'appart'
s'habillait en trente quatre!
Je sais qu'on a signé
Byzance et ateliers …

Le rideau se balance
et se jette à mes pieds
tombe de toute évidence
de haut à s'décrocher!
Aussi blême que moi
les souv'nirs décapés
me demande pas pourquoi
j'ai envie de pleurer

je sais que c'est idiot
mais ça fait quelque chose
j'ai pas trouvé les mots
dans ce que t'entreposes

je sais bien que l'appart
est une tomates -salade
qu'on a acheté des frites
et la sauce calorique...

le rideau en errance
glisse sur le sol
se débat dans la danse
pris dans sa camisole
et je m'entends crier
attends! Ne le jette pas!
J'en f'rai un tablier!
J'en f'rai un chiffon d'soie!!

je sais que c'est idiot
mais ca fait quelque chose
de fermer le tombeau
de lui jeter des roses

je sais bien que l'appart
verra d'autre aventures
qu'on effacera mes marques
qu'on repeindra les murs....


qu'on repeindra mes murs....

Après

Après le rire reste l'éclat
comme une écharde à ruminer
le temps seul'ment l'enlèvera
en laissant partir l'accusé
sur cette route où nul n'est libre
où la faiblesse se paye comptant
roussit d'un fer jusqu'à la fibre
bien des corps nus et innocents

après le cri te vient le sang
de la colère qui se distille
sous ton armure de peintre blanc
lachant le seau sur la bastille
les rivières brunes des nuits troquées
et l'amour bleu sur le tapis
mais au pocker, à trop aimer
le roi te baise en quelques plis

après le gris te prend le vide
les yeux soudain pris de sommeil
la paupière lourde et impavide
te couvre d'un drap qui te veille
et tu t'engouffres à l'interieur
jusqu'à oublier que te parle
ce petit éclat torpilleur
qui t'a creusé dans le mental....

Après l'amour te prend la haine
t'ouvre la bouche pleine de crocs
sacrifie à vif dans l'arène
des cous tendus et placebos
sur cette route où nul n'est libre
où la faiblesse se paye comptant
roussit d'un fer jusqu'à la fibre
bien des corps nus et innocents...

ven.

10

oct.

2014

je voudrais entendre

 

Je voudrais entendre

 

comme le sommeil meurt

 

le silence se fendre

 

et ta bouche en faveur

 

comme un battement d'ailes

 

s'agiter sous la danse

 

de consonnes et voyelles

 

d'un rire qui m'encense

 

 

 

parcourir ton souffle

 

depuis l'arc de ton cou

 

où serpente et prend source

 

tout l'éclat d'un bijou

 

reptile incandescent

 

dorures souveraines

 

prêt du coeur se jetant

 

sans m'en offrir la scène.

 

 

 

Je voudrais entendre

 

sur la chaise ta veste

 

le tissu se défendre

 

au hasard de tes gestes

 

le bruissement de l'air

 

dérangé sur ton corps

 

tes cheveux se défaire

 

au premier vent dehors;

 

 

 

 

 

je voudrais tout le son

 

pour ne plus inventer

 

celui de ta chanson

 

d'un accent habillé

 

un ptit air pour attendre

 

qui dirait comme ça

 

que je voudrais entendre

 

entendre ta voix.

 

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